Escalader le Mont Olympe

Le 15 décembre 2010,

Lettre ( jamais envoyée : on en parlait plus loin : manque de confiance en soi ) pour le magazine

C’est en tant que lectrice de votre délicieux magazine ( le numéro 6 était superbe, notamment ce cliché de forêt pris par V.M. ) et photographe amateur que je vous écris aujourd’hui.

Tout d’abord, félicitations pour m’inspirer à chaque lecture de désirs d’évasion, de rêves  ( à travers certains clichés ) et de conseils ( pour la grande débutante que je suis ) l’initiative de ce magazine est innovante et bien loin de vos concurrents ( Image et Nature, Compétence photo, etc… ) qui privilégient souvent l’aspect matériels/équipements.publicités à la photographie conté comme un art comme les photographes savent ( souvent ) si bien le faire au sein de votre petit bijou.

A l’époque et encore aujourd’hui, ce que j’appréciais tout particulièrement c’était de saisir le soleil entre les arbres et sur l’eau. A l’oeil nu, je voyais des images de toute beauté m’inspirant mes passages de romans ( écrivain amateur est ma première casquette ) où le soleil dansait à travers les ombres comme la lueur malicieuse d’une fée.

Mais la photographie en tant que telle ne m’intéressait pas avant. Autrefois, c’était le plaisir de sortir par temps de neige ou par grand soleil, aux détours d’une randonnée et saisir toutes les images qui me parlaient.  » Chassant  » les animaux, comme on débusque un lièvre, approcher timidement, patienter, avancer, saisir le cliché, lancer un sourire et repartir. Ce jeu du chat et de la souris tantôt avec les luminosités, tantôt avec les animaux me séduisaient.

En juillet 2010, j’ai eu l’occasion de réaliser un de mes rêves : faire l’ascension du Mont Olympe ( en réalité plusieurs sommets dont Mitikas le plus haut culmine à près de 3000m d’altitude).

Si je vous en parle, c’est pour vous dire  » allez y ! vous qui prenez de vrais clichés ! Vous qui aimez la nature ! « . Certes, je n’y ait pas trouvé l’ambroisie mais de beaux souvenirs et quelques clichés ( 30 giga en 3 semaines ) dont la redécouverte une fois rentrée m’a enchantée.

Si vous n’avez pas encore décroché de ma lettre jusque là et si l’envie vous prend, je vous conte l’ascension.

Le 9 juillet 2010

Il est 9h, nous quittons notre charmante hôtesse Maria ( Band B Guest Papanikolaou ) qui nous a informé que notre nuit au refuge AA se passe à 10°C mais que le temps devrait être clément tout le week end.

Les sacs de randonnées ( 65L ) sont restés chez Maria ( gratuitement ) tandis que nos frêles épaules chargent nos sacs à dos avec le strict minimum : veste imperméable, polaire, chaussettes et sous vêtements de rechange, T shirt, nourriture ( salée et sucrée ), une bouteille d’eau d’un litre, le matos photo. De chaque côté de mon sac, j’ajoute une bouteille de 2L congelée la veille et une trousse de secours/survie.

C’est ainsi que nous sommes partie à travers la ville de Litohoro à la recherche du chemin E4. Litohoro est une petite ville grecque toute blanche ( propre ) qui a la particularité d’offrir des cadeaux inespérés : plage de sable blanc en contrebas, ville charmante aux allées archéologiques un peu plus haut ( 1h en bus ), montagnes celestes en arrière plan. Si on s’y attarde, on trouve des résineux dans un parc assez vaste avec quelques cascades où la nuit peut nous offrir de beaux clichés.

Bien que nous ayons repérer la veille la direction du chemin E4, il nous faudra 40 minutes pour le trouver et tomber sur le panneau  » Mount Olympus  » avec à droite la randonnée vers Dion et tout droit Priona à travers les Gorges de L’enipeas.

Les grecs avaient paru surpris que deux jeunes filles de 22 ans souhaitent passer par là pour rejoindre le Mont Olympe quand les grecs eux même l’évitent.

Et mon amie m’a maudite d’avoir tant insisté pour passer par là à l’allée mais je ne le regrette absolument pas. Cette randonnée de 5h40 jusqu’à Priona est d’une beauté à couper le souffle.

Pour cela, il faut vous imaginer pendant 3h30 4h à être seul avec la nature. Pas un humain, le vide à vos pieds, le bruit des cascades en arrière plan, une odeur tantôt fraiche, tantôt résineuse et beaucoup d’efforts physiques.

Le plus dur pour moi était de m’adapter à la lenteur et aux fréquentes pauses de ma coéquipière quand je voulais sans cesse tester plus loin ma résistance.

Toutefois, chaque occasion était celles de prendre des photos . Pendant près de 6h, on a eu le droit à une si grande variétés de paysages qu’on aurait cru avoir traversé plusieurs continents.

D’abord la montagne avec le soleil qui tape ( 35 40°C ) et ses chemins rocailleux, puis la forêt avec ses feuillus et ses chemins en rondins de bois, l’eau fraiche des cascades aux belles couleurs ( qu’un pinceau ne saurait reproduire ) et ses ponts en bois suspendus où virevoltent quantité de papillons orangés scintillants au soleil ; après cela la fôret de pins aux chemins de terre dont l’odeur humide et le chant des cigalles surprend et finalement en approchant Priona une atmosphère de prairie avec des étendues de fleurs sauvages ( notamment des digitales ) et d’hebres indisci^plinés )).

Enchanteur.

Toutefois, c’est pour toutes les 2 un réel plaisir d’atteindre Priona à 15h. Le périple commence à peine mais les mollets tiraillent, quelques ampoules résistent à leur traitement et les réserves d’eau ( 5L à nous 2 ) s’assèchent.

En soi, Priona ne présente aucun intérêt : le flemmard ira tout simplement s’y garer ( les places sont chères le week end ) pour entreprendre l’ascension du Mont proprement dit.

Après une longue pause, on entre dans le Parc National du Mont Olympe. Dépaysement garanti. Les mouches rodent aout du crottin nous accueillent dès les premiers mètres. Les chemins sont plus larges permettant au randonneur flemmards ( une fois encore ) de faire monter ses bagages au Refuge A par mules ( adorables à caresser ).

Pour atteindre le refuge, il nous faudra entre 3h30/50 en sachant que si nous arrivons après 20h nos lits sont donnés à d’autres. Petit coup de stress et premières épreuves physiques. Par rapport aux Gorges, à l’allée, je n’ai pas trouvé le paysage sensationnel ( toutefois au retour vers 8h du coup, les 2h15 de descente m’ont parue enchanteresses le soleil était tout proche et la fatigue assez loin pour que je me régale à prendre des clichés ).

Après 1h30 d’ascension, j’ai enfin montré des signes d’impatience, de fatigue, de peur et de stress mêlés ( mon amie râlait déjà depuis 4 bonnes heures ^^). Cette fois, je n’hésitais plus à faire des pauses jusqu’à ce que les battements de mon coeur se stabilise. Les photos prises l’étaient comme les jumelles l’auraient fait pour chercher le mystérieux refuge qui se refusait à nous. La nuit allait nous recouvrir et l’absence d’âmes qui vivent était cette fois angoissante.

Toutefois vers 19h15, nous sommes arrivées. Un plat de spaghettis bolonaises ( à prix d’or ), 3 couvertures sur mon duvet et me voilà endormie ( après quelques étirements indispensables : ma coéquipière l’a négligé et elle en a souffert )pour être réveillé à 6h sous le froid glaciale du dortoir. Et ne songez pas à prendre une douche : pas d’eau chaude !

Le petit déjeuner ( le chocolat chaud à prix d’or fut d’un grand réconfort ) est l’occasion de mettre la journée au point : chacun pour sa peau, à son rythme, sans se forcer et on se retrouve au refuge.

Quand ma coéquipière m’a lâchée après 30 minutes, je pensais que je tiendrais 1heure grand maximum. Mais y avait un certain plaisir à dépasser les autres randonneurs à marcher à son rythme avec des pauses moins fréquentes et le fait de s’arrêter et d’amirer.

Après un chemin de neige ( hourra ! ) vous retrouvez des chemins rocailleux zigzagant à travers quelques arbres ( WC naturels ) et fleurs. C’est drôle ! Et après une heure vous arrivez au point de vue superbe sur la montagne en contre bas avec un lever de soleil. Sublime.

Et se vous ne recherchiez que la beauté du site, arrêtez vous là !

Après une longue délectation du paysage, j’ai repris l’ascension vers Skala ( un des sommets ). le chemin est mince au dessus du vide, les cailloux roulent sous mes pieds. L’adrénaline affluent j’ai peur de glisser et tomber dans le vide, mais la desncente m’apparait plus effrayante alors que je continue à grimper les randonneurs se font rare et la neige ( reste de l’hiver passé ) s’appercoit par endroit.

Et quand j’arrive à Skala, c’est le brouillard et le froid qui m’accueillent. Par mesure de sécurité, je me joins à d’autres randonneurs pour l’ascension de Mitikas. Pour eux, je suis une fille très courageuse mais aussi assez folle. Finalement, il aura fallu 3h52 au total pour arriver là haut.

Un regret ? Etre plus préoccupée par ma survie dans la dernière partie pour sortir mon appareil photo.

Un grec se tourne vers moi  » ca va ? »  » I’m afraid but it’s beautiful » pendant les 500m d’escalade à mains nues sans protection au dessus du vide je vais sentir l’adrénaline dans mes veines mais aussi cette beauté glaciale qu’à la roche quand elle est synonyme de froid, d’accidents, de dangers ou d’éboulis. Un autre genre de beauté. Tout aussi captivante.

Et la fierté d’être une des rares françaises ( et peut être la seule de 22 ans ou moins ) a avoir signé le livre d’or du sommet.

Ivre de plaisir, de joie que j’ai totalement oublié l’existence de mon amie.

Finalement, la descente s’avérera après Mitikas Skala, un vrai plaisir. Tu sautes, tu te laisses glisser ou tu dérapes sur les sentiers comme un cabri. La liberté.

 

Ayan.

 

 

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Angelilie dit :

    Beau blog. un plaisir de venir flâner sur vos pages. une belle découverte. un blog très intéressant. je reviendrai. N’hésitez pas à visiter mon blog. au plaisir

    J'aime

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