Terre de Poivres

Terre de Poivres

de Erwann de Kerros

 

Le poivre… quand je l’évoque, je pense à ce superbe poisson que j’ai mangé dans un centre commercial de Bangkok servi avec du poivre vert ou encore celui du restaurant à la Roche Sur Yon servi la encore avec du poivre vert frais.

 

Si je remonte plus loin dans mes souvenirs, c’est les repas du dimanche de ma mère… Elle n’en a plus vraiment refait depuis, mais elle cuisinait son roti de boeuf avec du poivre vert ( en saumure je pense ) et je passais toujours en cuisine en récupérer pour avoir un grain de poivre par morceau de boeuf que je mettais dans ma bouche.

Je pense aussi aux baies roses qui me fascinait par leur jolie couleur et que j’ai pris pendant longtemps pour du poivre.

Quand j’ai emménagé seule, je ne mangeais déjà plus de poivre ni de sel… Je n’appréciais pas le goût moulu et je n’en voyais pas l’utilité. Il faut dire la cuisine asiatique est très bonne simplement nature et ne nécessite pas plus de  » piquant  » d' » amère  » ou de  » gout « . Aussi, ce n’est que quand j’ai commencé à cuisiner un peu plus européen que j’ai cherché à avoir des  » poivres  » et des  » sels  » sympathiques à cuisiner.

J’ai ainsi utilisé mon mortier en pierre ( merci Tang Frère pour 6 euros ) pour moudre le poivre gris que j’avais. Quel délice. Quel saveur… L’odeur qu’on a en narine, le gout prononcé…

Le soucis c’est que mon fils déteste cela… Et le poivre écrasé comme cela est très fort en goût… Impossible de le duper.

***

Erwann de Kerros c’est d’abord une quête…la quête d’informations sur le poivre qui m’a amenée à tomber sur ce livre. Mais aussi, en tir croisé la découverte il y a un an de Terres Exotiques avec son sel rouge qui m’intriguaient pour les fêtes de fin d’années. Puis, la lecture de La cuisine c’est de la chimie où l’auteur fait une éloge d’Erwann comme un vrai génie qui a su insufflé quelque chose de nouveau à la cuisine. Et enfin, retour, sur internet où le livre m’appelle… Enfin un livre sur un épice méconnu.

***

Le livre en décevra certains, d’autres y trouveront leur compte. Personnellement, je suis subjuguée par les photographies du livre. Pas tellement celles des recettes que celles des baies ou des poivres. Les recettes ont toutes semble t’il été réalisées sur le même fond marbré bleu envoutant.

Pour moi qui n’est jamais vu pousser du poivre c’est un plaisir des yeux que de mettre des images sur une plante méconnue.

Les reportages quoique succincts sur les différents pays et récolte du poivre selon les étapes sont prenants. On plonge dans l’écriture d’Erwann dans un monde magique où le poivre semble être une passion dans laquelle il est tombé comme Obelix dans sa soupe magique. Impromptu. Ne devant pas avoir lieu. Et pourtant, quelle magie quand il raconte l’aventure de Terre Exotiques.

On y ressent la passion, le chérissement de sa boite…

Ce livre vous permettra d’apprendre à reconnaitre le poivre et chose surprenante à le déguster. La manière de déguster les épices est intéressante et une fois la lecture de l’ouvrage, vous ne verrez plus les épices de la même façon.

Après, il y a le dictionnaire d’épices par famille de plantes… On y apprend que la baie de genièvre est en fait le fruit d’un conifère. J’aurais jamais deviné que c’était des pommes de pin !

Une déception guettera le lecteur… le niveau des recettes. Si elles sont très belles et bien expliquées, elles contiennent beaucoup d’ingrédients couteux ( en dehors même des épices que vous ne trouverez souvent que sur Terres Exotiques ) mais aussi des difficultés techniques telles que le lecteur moyen ne parviendra pas à les reproduire.

Il aurait fallu faire des recettes de deux niveaux. Un niveau débutant permettant de comprendre l’intérêt de l’épice et un niveau sublimé où l’épice prend toute sa magie.

Aussi comme pour les tests du glutamate dans 1001 trucs sur la cuisine asiatique, je ne peux que vous recommander de procéder de même. Prendre un même plat et le décliner avec chaque épice pour comprendre le goût de chaque et ce qu’il apporte.

Par exemple, un carpaccio de fraises avec un assaisonnement de poivre blanc de Penja, de poivre rouge puis de poivre noir. Où encore, un steak que vous assaisonnez avec telle poivre ou telle baie pour voir la différence en bouche.

En tout cas, ce livre donne envie de se déplacer dans une culture de poivre pour voir à quoi cela ressemble…

Avec l’essor de la cuisine en France on pourrait imaginer des stages intra entreprises où les lecteurs ou les intéressés pourrait découvrir l’envers du décors comme le font les journalistes.

Ayan.

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