Bourges and Co

J’ignore si c’est la fatigue ou la distance mais j’ai du mal à reprendre pied ces temps ci… J’étais à Bourges pour le week end en formation et non en touriste mais j’ai été agréablement surprise par cette ville dont je ne connaissais rien et par la beauté du temps. L’architecture est sublime tant dans les petites rues piétonnes aux airs de Witchers que les colombages des maisons ou encore cette immense cathédrale… où on se surprend à se dire… de nos jours personne ne construirait cela !

C’est une ville impressionnante.

Pour moi, ca été l’occasion de passer un peu de temps seule sans les enfants… et sans le mari à profiter du silence.

Soit dit en passant, mon silence a peu plus à mon Tchoupi mais c’était de sa faute. Monsieur m’a fait une crise de jalousie et alors que je ne lui cache rien, je me suis retrouvée à lui cacher qui venait me chercher à l’hotel, avec qui je dinais… bref, une ambiance un peu pesante où je me sentais coupable et avait envie de lui prouver qu’il se trompait en surjouant tout… J’ai détesté.

C’était aussi l’occasion de tester quelques restaurants du coin et de faire des emplêtes de spécialités. Comme je le disais dans un précédent post, je suis pour moitié Berrichonne, mais je ne connais pas grand chose du Berry à part Issoudin, Déols, Orléans, Chateauroux, Vierzons… Les endroits où la voiture de mon père est déjà passé.

Dans le Berry, les gens sont fiers de leur mauvais caractère (n’est pas berrichon qui veut ), de leur fromage, et enfin de leur paté berrichon.

Et pourtant, c’est en découvrant Bourges que j’ai découvert l’origine du boeuf bourguignon, le paté berrichon, le fait que c’était le pays des sorcières ( et oui, étant auvergnate : les sorcières c’est plutôt l’auvergne que le berry pour moi ! ceux qui ont l’occasion, le musée des sorcières est fantastique ) et le Valencay.

Aussitôt revenue, j’ai briqué la maison ( dont il ne reste plus rien aujourd’hui, car certains s’attendent trop à ce que je fasse le sale boulot quand ils ne sont pas là !!! ) et préparé le repas pour mes amours.

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Pour la première fois depuis un moment, j’ai proposé à ma mère de rester et on a passé une soirée très agréable à discuter, manger et boire. Bar à la sauce au beurre et à l’aneth, riz parfumé et gomasio ( un mot nouveau pour ma maman  » c’est chouette on découvre toujours plein de chose chez toi ), tarte au citron revisité.  » C’est vraiment bon, t’as de la chance Tchoupi, c’est pas toutes les femmes de cet âge là qui cuisinerait tous les soirs « .

 » Non, mais le problème, c’est qu’Ayan ne fait jamais deux fois le même plat  » !

Les entendre me complimenter m’a fait plaisir… C’est idiot mais mes parents n’ont jamais été prolixes de compliments. Comme j’étais pas très bonne à l’école ( comprenez pas suffisamment par rapport à mes cousins ou ma soeur ), j’étais toujours terrorisée de rentrer chez moi. Mes parents ne parvenaient jamais à voir  » les choses positives  » et ne voyaient que les choses  » négatives « … si bien que j’ai fini par cacher deux choses  » les meilleures  » et les « mauvaises  » pour ne dire que l’entre deux…

Je me rappelle quand je suis arrivée 94ème sur 814 personnes au concours de médecine, j’étais tellement fière. Mais comme tout le monde dans ma famille ne cessait de me dire que j’étais nulle, que j’étais pas assez bonne, que j’y arriverais pas, que de toute facon tel ou telle personne qui elle avait eu une mention y était pas arrivé… Alors je ne l’ai dis qu’à ma grand mère. Ma grand mère c’était la première adulte que j’ai respecté.

Elle était honnête avec moi, trop franche. Mais j’ai toujours eu à coeur de lui faire plaisir et de respecter sa facon d’être. Elle n’aimait pas que je porte tel ou tel habit, que je parle de telle ou telle facon… Comme j’avais appris avec mon père a être une gentille petite fille, être une personne présentable pour les amis de ma grand mère et correspondre à ses idéaux étaient faciles. L’intelligence est la capacité d’adaptation. Je suis plutôt d’accord ^^

Elle m’a promis de gardée le secret même quand à Noel ma tante et son amie m’ont dit que je pourrais jamais être bien classée… Mais comme elle me l’a dit, ca lui a couté de les entendre…

Tout cela pour dire que je ne sais pas gérer les compliments.

Ca amuse certains patients qui me connaissent depuis longtemps parce que je rougis vite, je change de sujet, ou je bug.

Mais quand c’est un de mes parents qui me fait un compliment ca me touche vraiment énormément.

J’espère sincèrement que mes enfants ne grandiront jamais avec le sentiment qu’il faut qu’il est de bonnes notes pour être aimer ou qu’il leur faut être gentil et parfait pour mériter notre amour.

Le jour où j’ai appris que l’amour de mon père était conditionnel au fait que je sois une gentille fille comme on peut être un gentil petit chien… j’espère qu’aucun de mes enfants ne connaitra cela.

Mais, il ne faut pas croire qu’il est aisé d’apprendre à nos enfants à s’aimer et à nous aimer. Pas plus qu’il n’est facile de leur apprendre qu’on les aime même quand on les dispute ou les gronde.

Y a peu j’ai du expliquer au mien que si on le grondait c’est justement parce qu’on l’aimait et qu’on voulait qu’il soit aimé par les autres. Que les enfants qui font des bétises et dont les parents se fâchent pas seront un jour détestés par les autres… et privés d’amour. Mais trouver les bons mots, les mots justes… et les bonnes justifications n’est pas chose aisé.

***

Les petits plats du Bourbon

60 avenue Jean Jaurès

1800 Bourges

lien

Cette brasserie est étonnante ( mon conseil : RESERVEZ ), elle se situe dans l’Hotel Mercure au coeur d’une ancienne abbaye à 10 minutes de la gare.  J’y ai passé un très bon moment en solitaire. Au début, j’étais désappointée par le luxe qui transpire dans cette salle. Une salle petite en forme de U, des serveurs tellement attentionnée que vous avez l’impression d’être la personne la plus importante sur terre. Une table centrale pour les groupes. La carte du jour est inscrite sur un tableau noir qui circule entre les convives.

La bonne idée est l’attente avec du pain et un délicieux  » paté  » de sardines du terroir. Une petite merveille.

Au niveau des prix nous sommes sur du 25 à 35 euros le repas.

Pour ma part, j’avais pris une assiette de chèvre affiné par un fromager et du lieu noir.

***

Souvenirs du Berry :

Le panier d’Helène

1 rue Bourbonnoux

18000 Bourges

La Capricieuse : la vendeuse m’a conseillée de prendre l’authentique alcool La Capricieuse à La châtaigne et au lait de chèvre. La marque se décline en 3 autres gouts dont deux sont au lait de vache.

Comme pour chaque alcool que j’achète, j’attends toujours une occasion pour ouvrir la bouteille, aussi un diner avec ma soeur était l’occasion de tester cet alcool qui affiche de mémoire 17°C.

L’aspect est sirupeux et crème. Très doux au gout, il se déguste comme une bonne liqueur pas trop forte. Si la châtaigne est difficile à sentir, le côté chèvre lui est très présent.

Des 4 dégustateurs que nous étions, nous avons adorés.

Ne l’exposez pas à la lumière et faites attention en la versant au dépôt blanchâtre.

capricieuse

La Terrine Berrichonne : soit disant une spécialité du Berry, il y en avait dans tous les magasins. Pour ma part, je n’ai pas trop apprécié cette terrine. Mon fils n’a pas aimé alors qu’il mange facilement toutes les pâtés ‘ pour chien  » du commerce pour humain que je ne peux pas manger à cause de leur odeur pour chien justement. Tchoupi lui l’a terminé mais d’après lui y a mieux.

terrine berrichone

Ayan.

Réeditée le 9 novembre 2017

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Tu ne te sens jamais dépassée!! De te lire tu as l’air d’avoir une sacrée energie!! Boulot, bébé, enfant, repas, CAP cuisine et pâtisserie, blog… J’aime bien la manière dont tu as présenté le « grondage » à ton fils, c’est une vue interessante! En tout cas, c’est mon rêve un week end sans les filles et le chéri, ah ah, je sais pas si je l’avouerais ailleurs.. Mais tant qu’à faire pour aller voir une amie. Et passage obligé par des restaurants, ça me manque dans ma campagne!! 😉

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  2. Ayan dit :

    Je compense ? Je ne peux plus courir… et ca me manque terriblement^^. Il me fallait un équilibre ailleurs où je puisse m’épanouir sans entacher ma vie de famille. La patisserie et la cuisine, ca me permet de faire plaisir tout en m’occupant des enfants. Après, j’ai remarqué que je cherche toujours un truc plus joyeux que ce que je fais au travail. La patisserie, la course à pied… c’est des choses belles, des choses à voir ou à découvrir plus enthousiasmantes que mes formations sur les viols, la maltraitance… et j’en passe. Et puis, professionnellement, quand j’ai des patients un peu durs à gérer, la cuisine asiatique me calmait. Je rentrais vers 22h du boulot et je coupais mes légumes en fin petits bouts. C’était ma méditation à moi. J’aurais bien fait du tir… mais c’est trop cher ! Sinon c’est un des meilleurs sports pour décompresser loool maintenant que me contente de la cuisine et du ronronnement de Leeroy.
    Y a pas de restaurants en Province ? surtout là où tu es… il doit y en avoir plein, non ? Mais je comprends tout à fait ton rêve.
    Le silence… en soi… fais un bien fou.
    Après si mes patient m’ont bien appris quelque chose : il faut des reves, des objectifs… Quand on en a plus… on se laisse mourir. Et ce, quelque soit l’âge. ^^

    PS : si je me sens dépassée… quand je vois le bordel chez nous…

    Aimé par 1 personne

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